Sainte Rita et les artistes

Sainte Rita et les artistes du monde de la peinture, de la chanson ou d’autres arts, ont une relation particulière. Nombreux sont ceux qui se sont tournés vers sainte Rita lors de leurs moments de doute ou de désespoir. En reconnaissance de l’intercession de la sainte, certains artistes tels que Roland Gerbaud, Jacques Charlier ou Ben lui ont consacré une oeuvre. D’autres tels qu’Yves Klein lui ont offert un ex-voto. D’autres enfin, tel que Christian Dior, ont placé leur travail sous sa protection.

Roland Gerbeau

Ce chanteur est un proche de Charles Trénet, qui lui a d’ailleurs fait cadeau de la chanson « Douce France ». Il l’a également laissé interpréter « La Mer » avant lui-même. Après une première carrière de chanteur, Roland Gerbaud s’est éloigné de la scène musicale pendant près de 25 ans pour accompagner et promouvoir d’autres chanteurs.

En 1985, Roland Gerbaud a composé à nouveau, avec une très belle chanson dédiée à Sainte Rita. Ce titre a connu un succès grandissant, et en 1987, il a figuré parmi les plus fortes ventes de disques en France. A l’origine de la chanson Sainte Rita, il y a la prière de l’artiste pour ne pas être emporté par le cancer, prière qu’exaucera la sainte des causes impossibles. Roland Gerbeaud a été rappelé à Dieu le 28 Décembre 2012

Christian Dior

Le créateur de haute couture avait coutume de placer chacune de ses collection sous la protection de Sainte Rita. Dans les dernières années de sa vie, il invitait une de ses proches à aller à l’Eglise de la Madeleine dire pour lui une neuvaine à Sainte Rita (la sainte est représentée dans cette église).

Yves Klein

ex-voto à sainte RitaCet artiste du début du siècle est un des fondateurs de l’école de peinture du « Nouveau Réalisme ». Yves Klein explore les couleurs au travers d’oeuvres abstraites, souvent monochromes. Sa couleur fétiche est un bleu profond, connu encore aujourd’hui comme l’IKB (International Klein Blue). Klein utilise aussi abondamment le rose et l’or dans son oeuvre.

Yves Klein a une relation forte avec Sainte Rita. Il se rendra à plusieurs reprises à Cascia afin de demander à sainte Rita son intercession pour pouvoir vivre de son art. Il laissera deux oeuvres au monastère. La première est une peinture monochrome bleue, offerte en 1958 en remerciement à Dieu pour la création de ce fameux bleu IKB. En 1961, lors de son dernier pèlerinage à Cascia, Yves Klein offrira en toute discrétion au monastère un second ex-voto, accompagné d’une très belle prière à la sainte des causes désespérées. Yves Klein s’éteindra peu après en 1962, à 34 ans.

Ce n’est qu’en 1980 que ce dernier ex-voto fut découvert, à l’occasion de la restauration du monastère de Cascia endommagé l’année précédente par un tremblement de terre. Le peintre en charge de restaurer tableaux et dorures avait en effet besoin d’or. Les soeurs du couvent lui amenèrent alors l’ex-voto composé de blocs de couleurs bleu, rose et or, ainsi que de trois lingots d’or. Cet objet fut reconnu par le peintre italien comme une oeuvre d’Yves Klein, ce qu’une expertise a rapidement confirmé.

Jacques Charlier

Prière des désespérésCet artiste belge, peintre et photographe, a lui aussi rendu hommage à Sainte Rita. Il l’invoque dans sa « Prière des désespérées »  : «Sainte des humiliés, des sans-grades, des incurables, des laissés-pour-compte, des prostituées, des artistes et des emprisonnés, qui d’autre que toi pour écouter notre détresse ?».

Jacques Charlier met en scène la Sainte des causes désespérées au travers de différentes oeuvres. En 1991, c’est une grande statue en plâtre polychrome de Rita de Cascia, une rose dans une main, une grappe de raisin dans l’autre en référence à deux des miracles attribués à sainte Rita. Cette composition s’accompagne de mots renforçant l’impression dégagée par la statue : certitude, apaisement, quiétude, rémission, cicatrisation, grâce, accalmie. L’artiste ajoute les trois lettres du mot Art, en même temps qu’il installe un chevalet de peintre. Cette oeuvre constitue une prière de l’artiste en faveur de la cause désespérée de l’art.

En 1993, une seconde oeuvre confirme la vision désespérée de l’artiste face aux dérives de l’art. Il présente un dispositif comprenant une toile sombre, une coupe contenant du raisin, un fouet de pénitence et une statuette de la sainte, en implorant : « Sainte Rita, priez pour l’art ».

1993 voit également la mise en scène d’une monumentale Rita dans le parc d’Eupen, à l’occasion de « Kontakt 93 ». Cette statue en  plâtre polychrome provient directement de Cascia. Installée sur un majestueux socle à gradins, Sainte Rita tient dans ses mains un crucifix, rappel du stigmate de l’épine qu’elle porte au front.

Ben

Sainte Rita par BenBen (dont le véritable nom est Benjamin Vautier) est bien connu pour jouer avec les mots et les idées avec son graphisme très reconnaissable. Proche du mouvement d’avant-garde Fluxus (remettant en cause les principes esthétiques), mais aussi du lettrisme (explorant toutes les variations du signe), Ben a notamment fondé dans les années 1950 l’« École de Nice », entouré d’artistes tels que César, Arman ou Martial Raysse.

A l’occasion du carnaval de Nice de 1994 dont le thème était l’Art, Ben a souhaité proposer un char dédié à Sainte Rita. Jugé trop provocateur par les organisateurs du carnaval, ce projet qui multipliait les références aux causes désespérées de l’art et de notre époque n’a jamais défilé.